Lundi 26 octobre

CHR Metz-Thionville : la crainte d’une deuxième vague

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Après avoir retenu son souffle face à la première vague du coronavirus, le CHR Metz-Thionville respire. Depuis dix jours, ses soignants constatent une baisse constante des lits occupés en réanimation. Un répit qui va permettre de reprogrammer des interventions chirurgicales pressées, sans toutefois fermer de lits dédiés au covid-19 face au risque d’une deuxième vague, suite au déconfinement de la population. 

« Nous avons pris l’option de ne pas toucher aux capacités »

L’effet de plateau du Covid-19 en Moselle qui semblait se profiler depuis le 3 avril se confirme au CHR Metz-Thionville. Les appels au Samu se normalisent autour de 850 par jour, contre 4 500 au début de l’épidémie de coronavirus. Si le nombre d’hospitalisations reste important, les services de réanimation respirent. 

« On constate depuis dix jours une baisse constante des lits occupés », indique la directrice générale du CHR Metz-Thionville. Marie-Odile Saillard avance une baisse de l’activité en réanimation de l’ordre de 30%. « On aurait du revoir la capacité la semaine dernière mais c’est une épidémie qu’on ne connaît pas bien et à la veille d’un grand week-end en Moselle, nous avons pris l’option de ne pas toucher aux capacités ». 

Cette tendance à la baisse du covid-19 en Moselle s’accompagne d’une réémergence de l’activité « classique » aux urgences. Alors que le groupement hospitalier ne prenait en charge que des urgences absolues, une partie des blocs opératoires devraient être remis en route pour reprogrammer des interventions de « chirurgie pressée ». 

« Nous voyons une fenêtre s’ouvrir »

Cette reprise est envisagée par palier. Le premier devrait intervenir en fin de semaine prochaine. « Nous voyons une fenêtre s’ouvrir », précise la directrice générale qui reste prudente. « Nous ne désarmons rien, dans l’hypothèse d’une nouvelle flambée nous pouvons réouvrir les lits en 24-48 heures ». 

Le déconfinement progressif décidé par Emmanuel Macron, pour le lundi 11 mai pourrait influer sur l’épidémie avec un risque de nouvelles contaminations, liées au délai d’incubation du covid-19. « Cinq jours avant l’apparition des premiers symptômes»,  alerte Sébastien Gette, le chef de service de réanimation du CHR. L’inquiétude vient aussi des personnes asymptomatiques. Selon les premiers travaux de modélisation cités par l’Institut Pasteur, 30 à 60% des personnes contaminées ne montrent pas ou peu de symptômes. La transmission du virus pourraient ainsi de nouveau s’envoler à la sortie du confinement. 

Malgré les incertitudes liées à ce virus inconnu, le médecin estime que ce « timing » de quatre semaines avant le déconfinement est « très correct pour désengorger » les services de réanimation. « Le territoire mosellan a remarquablement réagi et apporté une vraie réponse à la population », souligne Marie-Odile Saillard.  Néanmoins, au sein du CHR Metz-Thionville, tous redoutent une « deuxième vague » qui, selon Sébastien Gette, « serait dure à absorber mentalement pour le personnel ». 

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